Le futur de l’impression 3D

Après la main, l’outil à bois, la machine à copeaux, » l’imprimante 3D » pour la fabrication additive n’est qu’un outil supplémentaire pour arriver à mettre en forme nos envies.

Faire pousser un fruit ou un légume dans une boite carrée, pour gagner de la place pour le stockage, est aussi une programmation formelle de la matière, mais de la matière vivante. Créer des matériaux auto-cicatrisants pour que l’aile de l’avion se répare d’elle-même, sans intervention humaine est une autre forme de la programmation de la matière.

A partir des sucres, farines et chocolats qui arrivent directement dans le micro-onde de ma cuisine se fabrique mon gâteau sous mes yeux, dans mon IAD (Imprimante Alimentaire Domestique). Mais le designer avec le chercheur et le sociologue se projettent déjà dans un autre futur. Le futur n’est pas dans l’imprimante 3D : il est dans la programmation propre de la matière. C’est ce que l’on appelle le vivant, l’ADN le programmateur du code du vivant, la génèse . Le futur est dans la matière vivante sur laquelle l’homme interagit : matière active, vivante ou matière programmée ? Donner vie à quelle matière et pourquoi faire ? Bio avion ou homme mutant, robot humain ou homme robot? Ce sont les vraies questions qui sont bien en marge de cette récente médiatisation de l’imprimante 3D.

Elle va se démocratiser : qu’allez-vous en faire ?

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Le designer apportera sa réponse tout en posant la bonne question : qu’allons nous faire de notre vie ? Qu’apporterons nous de bon à l’édifice de la civilisation et au bien être de l’humanité ?

Les nouvelles technologies ne sont pas des jouets: avec sa responsabilité sociétale et environnementale, déontologiquement le designer reste garant du bon usage, du vrai service. Il y a un véritable intérêt environnemental à produire localement si les produits sont véritablement dédiés à des usages d’intérêt.

L’imprimante 3D est-elle prête à intégrer l’économie circulaire ?

Dans l’industrie, la fabrication additive s’est mise au services du designer et a fait évoluer ses outils de conception. Sa démocratisation dans le grand public verra fleurir les mauvais produits comme les bonnes idées. L’imprimante papier n’a pas appris au grand public à dessiner ou à photographier, mais elle a aidé en son temps l’appropriation de la photo numérique. Pas plus que la machine à coudre n’a fait de chacun , un grand couturier ...
L’arrivée de l’eau courante dans les foyers a aidé à la salubrité public et au confort mais en permettant aussi le gaspillage. La nouvelle mission du design sera dans l’exploration, la démonstration et l’apprentissage de bonnes nouvelles pratiques …